Publié par : Jacqueline Main | 24 janvier 2008

La Chine veut sauver sa tortue géante du Yangtze

Changsha, Chine – Oubliée  pendant 50 ans dans un coin du zoo en ruine de cette ville, cette tortue femelle âgée de 80 ans et pesant quelques 40 kilos est devenue récemment  en Chine l’objet de toute les attentions. Elle est nourrie de viande crue, son bassin a été entouré d’une paroi de verre à l’épreuve des balles, une camera suit tous ces mouvements et un garde la veille la nuit.
Pourquoi ce traitement VIP ?
C’est très simple : il ne faut absolument pas qu’elle meure. Et elle revient de loin. Abandonnée par un cirque ambulant  il y un peu plus de 50 ans, elle fut sauvée par un gardien du zoo, qui l’installa dans une mare ou elle passa tranquillement toutes ces années, hibernant en hiver et sortant le bout  de son nez au printemps, sans notoriété particulière   jusqu’au jour ou des
spécialistes découvrirent qu’elle était la dernière au monde des grandes tortues femelles à carapace molle du Yangtze …  De la même espèce Il ne reste plus qu’un seul male connu qui vit dans un autre zoo, à Suzhou. Il a 100 ans , pèse autour de 90 kilos  et le couple représente le dernier espoir qu’ont les Chinois de sauver cette espèce , la plus importante des tortues d’eau douce. Pour de nombreux Chinois, la tortue symbolise la santé et la longévité, mais l’histoire de la  dernière tortue du Yangtze est plus symbolique des menaces qui détruisent la biodiversité,  telles que pollution, chasse, développement urbain.
C’est en 2004 que les spécialistes découvrirent qu’il n’existait plus que six de cette espèce de tortues ; Trois se trouvait dans les zoos de Pékin, Shanghai et Suzhou ; deux vivaient dans un temple bouddhiste et la sixième dans un lac au centre de Hanoi, au Vietnam.
De longues tractations commencèrent alors en vue d’un accord pour faire se rencontrer ces tortues à des fins de reproduction. Hélas, hélas, tout alla de travers. La tortue de Pékin mourut ; des doutes furent exprimés sur l’espèce de la tortue d’Hanoi ; les moines bouddhistes, pour qui leurs tortues etaient des icônes religieuses refusèrent de s’en séparer . Ne restaient plus que les deux de Suzhou et de Shanghai et un accord fut conclut pour qu’elles se rencontrent. Mais le mauvais sort s’acharna et la tortue de Shanghai mourut elle aussi. « Terrible nouvelle « raconte le directeur de la Wildlife Conservation Society.
Une conférence  fut alors organisée,  réunissant tous les spécialistes en la matière et un des résultat fut l’envoi d’une circulaire demandant de toute urgence à tous  les zoos  des informations sur leurs tortues de grande taille. Le zoo de Changsha répondit ; deux experts furent dépêchés sur les lieux  qui confirmèrent qu’il y avait bien une tortue femelle et qu’elle avait encore pondu des œufs, non fertilisés, l’année précédente . L’espoir renaissait .
Un accord a  donc été passé entre les deux zoos en septembre. Cette année, la tortue femelle va être transportée à Sushou ; une bassin  spécial de reproduction va y être construit ; on tentera tout d’abord l’insémination artificielle et si cela ne marche pas on s’en remettra aux bonnes vieilles méthodes d’accouplement.   La survie de l’espèce en dépendra !!!!! (- New York Times – Décembre 2007 -)


Répondre

Votre réponse :

Catégories