Publié par : Jacqueline Main | 25 janvier 2008

Retournement de situation au dernier jour de Bali

C’est un véritable psychodrame digne des scripts de Hollywood qu’on vécu les délégués dans les dernières heures de la Conférence de Bali . La tension avait beaucoup monté entre l’Amérique et ses alliés d’un coté et l’Europe et ses alliés de l’autre. L’heure ultime pour arriver à un accord etait passée et avait due être prolongée. Le Secrétaire Général des Nations Unies implorait les intervenants de se mettre d’accord sur un compromis ; Paula Dobriansky, chef de la délégation américaine avait été huée ; Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur le Climat et responsable de la Conférence avait éclaté en sanglots et avait dû être accompagné hors de la salle. C’était l’impasse totale ; la planète courait à la ruine ….et qui allait la sauver ?
Comme dans les histoires, un type modeste, bien sûr …En l’occurrence Kevin Conrad, délégué de Papouasie-Nouvelle-Guinée, pays pauvre mais beau condamné à disparaître sous les vagues si les grands de ce monde ne font rien… Il se pencha sur son micro et le visage envahi par l’émotion, prit la parole : » Si pour une raison quelconque, vous ne désirez pas mener le combat, « dit-il faisant référence à un commentaire assez arrogant fait par un des délégués Américains sur le leadership, « eh bien laissez nous faire. S’il vous plait, allez-vous en » La salle s’écroula sous les applaudissements. Quelques minutes plus tard, Madame Dobriansky s’effondra d’émotion « « Nous voulons aller de l’avant, annonça-t-elle et nous nous joignons au consensus ». Grands soupirs de soulagement , cris de joie dans la salle : la Planète était sauvée. C’était, reconnaissait tout un chacun, un accord historique…..
Malheureusement , le fond même de l’accord est loin d’être à la hauteur de la
belle histoire. Le seul résultat tangible de la Conférence de Bali a été la décision d’établir un projet pilote afin d’étudier comment mettre un coup d’arrêt à la déforestation tropicale .A part cela, la conférence avec ses 15,000 délégués, activistes et journalistes a coûté beaucoup d’argent , de carbone et d’énergie politique et n’a rien produit si ce n’est une vague déclaration de bonnes intentions dont l’Amérique s’est assurée que toute substance avait été soigneusement gommée. Le protocole de Kyoto expire en 2012 et un accord international doit être impérativement signé pour le remplacer Mais il est évident que les négociations tourneront dans le vide jusqu’en 2009, date à laquelle il y aura sans doute une nouvelle Administration qui prendra plus au sérieux le changement climatique. (The Economist – Decembre 2007)

Le Herald Tribune du 14 Décembre titrait en grand titre sur sa première page « L’amertume est grande, vis à vis des Etats Unis sur la question du climat – L’Union Européenne brandit la menace de boycott – Al Gore déclare ‘mon propre pays bloque toute avancée ‘.
Nusa Dua Indonésie. – A la Conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique, l’Union Européenne, très mécontente de la position américaine et des négociations dans l’impasse ,a menacé, jeudi de boycotter les rencontres séparées qui vont avoir lieu aux Etats-Unis, le mois prochain.

L’amertume grandissante entre l’Union et les Etats-Unis, pouvait être résumée par la déclaration d’Al Gore, « c’est mon propre pays, les Etats-Unis, qui est le grand responsable et empêche tout progrès ici à Bali’’ :’
En arrivant à la Conférence directement de Norvège ou il avait reçu le Prix
Nobel de la Paix , il a fortement encouragé les délégués à proposer un accord ouvert , qui pourrait être renforcé une fois que l’administration Bush ne serait plus au pouvoir. ‘’ D’ici deux ans a-t-il déclaré, fortement applaudi, les Etats-Unis auront une position qui sera bien éloignée de leur position actuelle. Il faut que vous anticipiez ces changements.’’

Publié par : Jacqueline Main | 24 janvier 2008

La Chine veut sauver sa tortue géante du Yangtze

Changsha, Chine – Oubliée  pendant 50 ans dans un coin du zoo en ruine de cette ville, cette tortue femelle âgée de 80 ans et pesant quelques 40 kilos est devenue récemment  en Chine l’objet de toute les attentions. Elle est nourrie de viande crue, son bassin a été entouré d’une paroi de verre à l’épreuve des balles, une camera suit tous ces mouvements et un garde la veille la nuit.
Pourquoi ce traitement VIP ?
C’est très simple : il ne faut absolument pas qu’elle meure. Et elle revient de loin. Abandonnée par un cirque ambulant  il y un peu plus de 50 ans, elle fut sauvée par un gardien du zoo, qui l’installa dans une mare ou elle passa tranquillement toutes ces années, hibernant en hiver et sortant le bout  de son nez au printemps, sans notoriété particulière   jusqu’au jour ou des
spécialistes découvrirent qu’elle était la dernière au monde des grandes tortues femelles à carapace molle du Yangtze …  De la même espèce Il ne reste plus qu’un seul male connu qui vit dans un autre zoo, à Suzhou. Il a 100 ans , pèse autour de 90 kilos  et le couple représente le dernier espoir qu’ont les Chinois de sauver cette espèce , la plus importante des tortues d’eau douce. Pour de nombreux Chinois, la tortue symbolise la santé et la longévité, mais l’histoire de la  dernière tortue du Yangtze est plus symbolique des menaces qui détruisent la biodiversité,  telles que pollution, chasse, développement urbain.
C’est en 2004 que les spécialistes découvrirent qu’il n’existait plus que six de cette espèce de tortues ; Trois se trouvait dans les zoos de Pékin, Shanghai et Suzhou ; deux vivaient dans un temple bouddhiste et la sixième dans un lac au centre de Hanoi, au Vietnam.
De longues tractations commencèrent alors en vue d’un accord pour faire se rencontrer ces tortues à des fins de reproduction. Hélas, hélas, tout alla de travers. La tortue de Pékin mourut ; des doutes furent exprimés sur l’espèce de la tortue d’Hanoi ; les moines bouddhistes, pour qui leurs tortues etaient des icônes religieuses refusèrent de s’en séparer . Ne restaient plus que les deux de Suzhou et de Shanghai et un accord fut conclut pour qu’elles se rencontrent. Mais le mauvais sort s’acharna et la tortue de Shanghai mourut elle aussi. « Terrible nouvelle « raconte le directeur de la Wildlife Conservation Society.
Une conférence  fut alors organisée,  réunissant tous les spécialistes en la matière et un des résultat fut l’envoi d’une circulaire demandant de toute urgence à tous  les zoos  des informations sur leurs tortues de grande taille. Le zoo de Changsha répondit ; deux experts furent dépêchés sur les lieux  qui confirmèrent qu’il y avait bien une tortue femelle et qu’elle avait encore pondu des œufs, non fertilisés, l’année précédente . L’espoir renaissait .
Un accord a  donc été passé entre les deux zoos en septembre. Cette année, la tortue femelle va être transportée à Sushou ; une bassin  spécial de reproduction va y être construit ; on tentera tout d’abord l’insémination artificielle et si cela ne marche pas on s’en remettra aux bonnes vieilles méthodes d’accouplement.   La survie de l’espèce en dépendra !!!!! (- New York Times – Décembre 2007 -)

A Casa Grande, en Arizona, à l’usine de fabrication des chips Frito-Lays, 225,000 kilos de pommes de terre arrivent chaque jour et sont lavées, épluchées, coupées , frites , assaisonnées et mises en sachets. Ce processus dévore des quantités d’énergie considérables et rejette des quantités tout aussi considérables d’eau sale, d’amidon et de pelures de pommes de terre.
Frito-Lays a donc décidé de se lancer dans un plan très ambitieux de mise au vert de son usine , créant ainsi un tout nouveau type de snack : la frite bonne pour l’environnement.(l’eco-friendly chip).
Son Plan : arriver à fonctionner sans apport d’énergie extérieure en utilisant des combustibles renouvelables et recyclage de l’eau : c’est le concept
« Net Zero » très à la mode aux Etats-Unis et chez Pepsi-Cola, la maison mère de Lays. Au delà des économies d’énergie , c’est toute une nouvelle image verte que Pepsi-Cola veut projeter auprès de consommateurs de plus en plus conscients du changement climatique et leur prochaine campagne de marketing pour leur SunChips mettra l’accent sur le fait qu’elles sont fabriquées à partir d’ énergie solaire.
Donc, dans les prochaines années, l’usine sera équipée de filtres high-tech, qui recycleront l’eau de lavage et l’amidon et la boue restante sera brulée pour créer du méthane qui alimentera les chaudières de l’usine.
Adossés à l’usine ,20 hectares de concentrateurs solaires seront construits pour générer de l’énergie solaire et un générateur de biomasse brûlera des déchets agricoles pour fournir des combustibles renouvelables supplémentaires.
D’après la direction, en 2010, lorsque les travaux seront terminés, l’usine de Casa Grande aura réduit sa consommation d’électricité et d’eau de 90%, de gaz naturel de 80% et ses émissions de GES seront réduites de 50 à 70%.
Et si le succès et les économies de factures énergétiques sont au rendez-vous, le Plan sera appliqué aux 37 autres usines du groupe aux Etats-Unis et au Canada ( New york Times December 2007 )

Publié par : Jacqueline Main | 8 décembre 2007

Le Brésil, superpuissance agricole ?

C’est en tout cas l’idée qui semble se faire jour aux Etats-Unis, et certains Américains considèrent que ce pays pourrait très bientôt dépasser les Etats-Unis comme exportateur de denrées alimentaires.
Au cœur de cette nouvelle situation : une politique de recherche agricole extrêmement bien organisée, bénéficiant de gros moyens , élaborée par l’Agence Brésilienne de recherche sur l’Agriculture et le Bétail, l’EMBRAPA.
En trois décennies, l’Embrapa est devenue un leader mondial de la recherche en agriculture tropicale et ses immenses laboratoires et stations expérimentales un point de passage obligé des leaders et experts du tiers-monde. Une grande partie de sa réputation est due au travail de pionnier accompli dans cette partie centrale du Brésil, le Cerrado , immense savane qui s’étend sur 1700 km . Considérée pendant des siècles comme une région inhospitalière et inutile, elle est devenue, en moins d’un siècle le grenier à grain du Brésil après la découverte que les sols pouvaient devenir fertiles grâce à l’ajout de potassium et de chaux.
Après avoir trouvé la mixture optimale, les chercheurs de l’Embrapa mirent au point pour cette région, une quarantaine de variétés de soja, plante considérée longtemps de zone tempérée, et commencèrent à travaillent sur le coton Le résultat de ces travaux : le Brésil est aujourd’hui le premier exportateur mondial de soja , commence à exporter du coton et espère bientôt développer le blé dont il importe encore une très grande partie des pays environnants. « Nous pensons que notre potentiel est énorme, nous dit le Directeur Général du Centre de Recherche du Cerrado. Nous avons lancé deux nouvelles variétés de blé dont les rendements sont bons et nous commençons également à adapter l’orge à notre région.
Le laboratoire de l’EMBRAPA à Manaus, au cœur de l’Amazonie, travaille également sur des processus pour améliorer la séquestration du carbone. Ses chercheurs étudient tout particulièrement certaines zones amazoniennes : « les terres noires « des Indiens précolombiens qui ont des concentrations très élevées en phosphore.
Un autre volet de leur recherches,: les diesels produits à base de plantes ; à cette fin, ils ont identifié une trentaine de plantes qui pourraient être utilisées en se focalisant néanmoins sur l’huile de palme. « La composition de cette huile est une des meilleurs pour la production d’agro-carburant » déclare le Directeur du Laboratoire de Manaus . « elle a une grande capacité à fixer le carbone, ne nécessite aucun produit chimique pour sa production et aucune partie de la plante n’est perdue ».
Il semble qu’il n’y ait aucune limite au champ d’exploration de l’EMBRAPA ; extraction de bio-polymeres à partir d’araignée ; porc avec moins de gras et de cholestérol et plus de chair, partenariat avec BASF société allemande pour développer d’ici 2012 un soja ogm, qui concurrencerait le Roundup Ready de Monsanto etc…
Assez présente dans les programmes d’échange de chercheurs avec les laboratoires d’Amérique Latine, d’Afrique et d’’Asie, EMBRAPA essaie depuis peu de se faire mieux connaître à l’étranger et vient d’ouvrir ses premiers bureaux au Ghana, siège du Forum pour la Recherche Agricole en Afrique. Et pour citer les paroles de Norman Borlaug, un agronome américain :
« Ceci est une excellente décision et sans doute fort importante, car il y a beaucoup de régions d’Afrique, en Zambie par exemple, qui ont des savanes ayant les mêmes conditions de sols et de pluie qu’au Cerrado ; dans
les domaines du soja , du mais , des herbes de pâturages améliorées, de l’élevage de bovins , je pense que ces régions auront tout à gagner de ces transferts venant du Brésil ». –(New York Times – Octobre )

Publié par : Jacqueline Main | 8 décembre 2007

L’Australie – une nouvelle vision

Après onze ans de gouvernement conservateur, l’Australie vient d’élire un nouveau premier ministre travailliste qui a bâti sa campagne sur le l thème central de l’écologie et du réchauffement climatique.Sacré changement !. L’ancien premier Ministre, John Howard lui, n’a jamais cru au réchauffement climatique et paraît-il encore moins à la responsabilité des hommes en la matière. Malheureusement pour lui, l’Australie vient de subir la pire des sécheresses qu’elle ait connue depuis un siècle . Il y en a pourtant déjà eu un certain nombre dans l’histoire du pays, mais dans certains états de la ceinture agricole australienne ( farming belt ) celle-ci dure depuis plus de dix ans et, les effets sont dévastateurs. L’Australie est un des premiers exportateurs mondiaux de blé, dont la demande ne cesse d’augmenter, mais cette année avec une production réduite d’un tiers par rapport aux prévisions, (15,5 millions de tonnes ) car il ne pleur toujours pas, l’espoir des fermiers australiens de pouvoir répondre à la demande mondiale s’est envolée. Un programme d’aide à la sécheresse a bien été voté par le précédent gouvernement mais on ne compte plus les endettements, les faillites, et même les suicides . La situation n ‘est pas tellement meilleure pour l ’élevage , en particulier de moutons, une autre richesse de l’Australie. Les prix de la nourriture ont donc commencé à grimper dans les supermarché. Et dans la plupart des villes des restrictions d’eau très sévères ont fait leur apparition.
Donc, malgré un taux de croissance assez élevé et un taux de chômage au plus bas depuis 33 ans, les Australiens se sont beaucoup plus intéressés dans la campagne présidentielle aux questions de changement climatique, de sécheresse et désertification des zones rurales et ont voté à une majorité écrasante pour le candidat travailliste Kevin Rudd, qui a centré toute sa campagne sur le réchauffement climatique et les problèmes de l’eau, et a promis , si élu, en plus de mesures purement nationales telles que développement de l’énergie éolienne ; de signer immédiatement le Pacte de Kyoto, (ce que n’a jamais fait sons prédécesseur, suivant en cela l’exemple du Président Bush )- et de participer activement à la Conférence de Bali en Décembre
La tâche ne va pas être facile pour lui, et la sécheresse ne va pas disparaître comme par enchantement, mais si dans cette région du monde un tel poids lourd signe le Protocole de Kyoto, pourquoi ne pas rêver qu’il puisse entraîner d’autres pays dans son sillage ………- (Time 26/11 – The Economist – )

Publié par : Jacqueline Main | 8 décembre 2007

Braconage urbain en plein essor aux USA

Au fur et à mesure que les zones résidentielles des villes américaines – comme d’ailleurs dans d’autres régions du monde, mordent inexorablement sur les campagnes environnantes, de plus en plus d’animaux et de gibier perdent leur habitat naturel et il n’est plus rare maintenant d’en rencontrer s’aventurant sur des terrains de golf ou à la périphérie des communautés provinciales. Ce qui engendre non seulement des confrontations humains/animaux plus nombreuses et quelquefois dangereuses, mais offrent aux nombreux chasseurs et braconniers de ce pays la possibilité de s’offrir facilement élans, lions de montagnes, antilopes, ours bruns , mouflons, cerfs et autres. Les exemples abondent : un cerf, d’une espèce assez rare, retrouvé massacré et ses bois découpés en plein centre d’une petite bourgade résidentielle au sud est de Denver ; un autre abattu pour les mêmes raisons sur la piste de l’aéroport local dans l’Iowa.
Les autorités estiment que le nombre d’animaux tués illégalement égale maintenant celui du gibier tué légalement chaque année. « Cela devient de vraiment une terrible problème « explique un officier responsable du département californien des poissons et gibiers. D’après lui, ces braconniers sont très forts , savent suivre le gibier , sont équipés de matériels dernier cri et fort coûteux : fusils Browning dernière génération , systèmes de vision de nuit, arbalète Excalibur, le top du top à 800$ l’une. Un policier ayant appréhendé l’un d’eux, traquant un cerf dans une zone super résidentielle californienne, se souvient « il voyageait dans une Honda dernier cri, son fusil à 2000 dollars et ses munitions silencieuses étaient cachés sous l’album de coloriage de son fils sur le siège arrière. Pour certain d’entre c’est un jeu, une véritable drogue »

Pour d’autre, ce genre de braconnage est devenu extrêmement lucratif . Depuis peu, et pour des raisons diverses , certains de ces animaux peuvent rapporter des fortunes : l’ours noir, dont la vésicule biliaire est considérée comme un aphrodisiaque par les Japonais : 15,000 $; les andouillers d’élans, dernier cri de la décoration murale : 10,000 $ ; les cornes du mouflon très recherchées sur le marché noir américain : 60,000 $ . Fleurit également le commerce illégal des reptiles, serpents et autres animaux amphibie très prisés en Californie et Floride et sur les marchés asiatiques.
Les autorités de l’Office de la Faune s’avouent complètement débordés. Se trouver au bon endroit au bon moment n’est pas facile ; certaines enquêtes durent des années. Pour lutter contre ce fléau, la plupart des états ont installé une hotline où le public peut fournir des tuyaux ou des infos ; certaines municipalités ont installé des camera dans les arbres le long des pistes les plus empruntées par le gibier ; les peines de prisons deviennent plus sévères : Dans le Colorado un braconnier peut écoper de six ans de prison ferme et 20,000 $ d’amendes. Des récompenses sont offertes à ceux qui aident à la capture ( 10,000 $ à celui qui permettra de mettre la main sur le braconnier qui a tué le cerf dans le village). Une certaine crainte commence à se sentir chez les résidents de ces nouveaux quartiers « Imaginez , dit l’un deux, vous êtes sur votre terrasse, ou votre enfant joue dans la rue et vous pouvez être atteint par une balle perdue « … ( Time – 26/10/2007)

Publié par : Jacqueline Main | 22 octobre 2007

Etat-unis : Course à l’innovation pour rentabiliser les agro-carburants

En même temps que la recherche sur les agrocarburants de deuxième génération se poursuit à un rythme soutenu aux Etats-Unis, une autre filière d’activité de recherche tout aussi intense s’installe également visant à utiliser et rentabiliser au mieux les sous-produits, dérivés et déchets des bio-ethanol et biodiesel déjà existants Des scientifiques de toute provenance, universitaires, laboratoires privés , des entrepreneurs, des financiers et pas des moindres commencent à s’intéresser très vivement à ce nouvel aspect . Le Ministère de l’Agriculture est très actif dans ces recherches, qui couvrent un très large spectre. Dans ses laboratoire de recherche d’Athenes en Géorgie des scientifiques mettent au point un prototype de barrières anti-mauvaises herbes biodégradables ainsi qu’un film particulier d’accélération de germination de semences d’herbes spéciales qui amélioreraient les rendements tout en étant très ’eco-friendly’. Toujours au Ministère, mais au National Center for Agricultural Utilisation Research dans l’Illinois, une équipe cherche à trouver de nouvelles utilisations rentables pour la glycérine. Les volumes de ce sous-produit d’agrocarburants, déjà utilisé dans les aliments, la fabrication du savon et même de la dynamite, se retrouvent en telles quantité que le marché est complètement saturé et que les producteurs doivent payer maintenant pour s’en débarrasser. Si ces recherches aboutissent, de nouvelles sources de profit s’ouvriront pour tous les intervenants et ce ,dans le cadre d’un nouveau concept dont on commence à parler beaucoup , celui de ‘bio-raffinage ». Tout comme dans l’industrie pétrolière, à partir d’un produit central , on obtiendra des dérivés et sous-produits qui seront largement utilisés dans l’industrie.
Dans cette même optique, une autre matière, la lignine, également produit dérivé de la fabrication d’ethanol cellulosique fait l’objet de toutes les attention. Ce composé naturel qui donne force et rigidité aux plantes représente entre 15 et 25% de celles-ci. Utilisée jusqu’à maintenant pour fournir de la vapeur et de la chaleur dans la fabrication de l’ethanol , elle n’a pratiquement aucune valeur marchande.(44$la tonne). Si elle devient la matière première d’une nouvelle filière de produits industriels tels que colle, joints et détergents , elle prendra disent les spécialistes. une valeur considérable Un très important fabricant de laminés et de contreplaqués est d’ailleurs impliqué dans ces recherches.
Donc si l’on en juge par l’intense activité scientifique à laquelle on assiste en ce moment aux Etats-Unis on peut en conclure , comme le déclare un protagoniste très impliqué , que dans ce pays , les sous-produits, dérivés et déchets des agrocarburants y ont un bel avenir et joueront un rôle primordial dans ce passage futur de produits dérivés pétrole à des produits dérivés biobase.(New York Times – 27 /10/07)

Publié par : Jacqueline Main | 18 octobre 2007

Au Vietnam, ressusciter les forêts et faire vivre les tribus

Dans un coin de la Vallée de Luoi, située dans les collines du centre du Vietnam, un paysage verdoyant, quelques buissons épineux, une vache en train de paître tranquillement , et dans ce paysage presque idyllique, un monsieur, qui se penche pour inspecter un des buissons et qui en hochant la tête, murmure : « pas bon, pas bon »
Ce Monsieur, c’est Phung Tuu BoÏ forestier et Directeur du Centre d’Assistance à la Conservation à Hanoi. Ce qui n’est pas bon, : un poison invisible incrusté dans le sol, sous ses pieds et qui est là depuis la guerre du Vietnam . Une dioxine puissante provenant du terrible Agent Orange défoliant utilisé par les forces spéciales américaines qui avaient là une base aérienne et de stockage.
Monsieur Boï a consacré toute sa vie à réparer les dommages causés par la guerre dans son pays.. Et bien qu’il ait fait déjà beaucoup, en trente ans de carrière, il reste encore beaucoup à faire . Quand il commença à travailler ici dans cette vallée, en 1975, il trouva un écosystème complètement ravagé par la guerre. Les arrosage aériens de défoliants type Agent Orange avaient complètement détruit de larges parcelles de forêts. Privées de racine pour s’ancrer dans le sol, les pluies de la mousson avaient emporté la couche arable du sol et ses nutriments, facilitant ainsi l’arrivée d’herbes invasives et empêchant la régénération de la forêt.
Botaniste de formation, l’objectif initial de Monsieur BoÏ était de reboiser cette terre complètement dénudée. Mais il se rendit très vite compte que l’écosystem n’était pas la seule victime et qu’il y avait une autre priorité ; les populations locales. Les quelques tribus qui vivent dans cette région assez défavorisée tirent une maigre pitance des produits de la forêt et sans l’aide de Monsieur BoÏ, il n’était pas sûr qu’ils puissent survivre. Il décida donc de s’attaquer au problème et de trouver une solution ; en l’occurrence l’Acacia Australien. Cet arbre à croissance rapide, grandit de deux mêtres par an et après cinq ans peut être abattu pour faire du papier et des meubles. Il améliore aussi la nature du sol et très rapidement offre la canopée dont les arbres ont besoin pour prendre racine . « C’est un bon exemple à suivre en matière de restauration forestière » dit Chris Dickinson, un biologiste spécialisé en conservation et conseiller technique du World Wide Fund for Nature à Hué, Vietnam Bien que les niveaux de dioxine aient diminué depuis la guerre, des études faites par des scientifiques canadiens ont montré qu’il existait encore des parcelles fortement contaminées à certain emplacements ou les forces américaines avaient stocké l’Agent Orange.
De nouveau , Monsieur BoÏ chercha la solution et la trouva : une clôture faite d’arbres couverts d’épines genre cactus . Son espoir , que cette clôture verte, soit suffisamment dissuasive pour décourager ceux qui essaieraient de la franchir et qu’en même temps elle leur apporte quelque chose pour les encourager à la laisser intacte. La solution : le Gleditschia australis .Une fois arrivé à maturité, cet arbre produit un fruit que les locaux peuvent vendre pour faire des savons et des préparations médicinales. Le Gledtschia, sorte de caroubier à miel, a aussi l’énorme avantage de résister aux insectes et aux maladies et ses épines et son bois très souple dissuadent les populations de l’utiliser comme bois.
Donc cette clôture verte semble être la meilleure des solutions face à un problème très cher à résoudre , car aux dires d’un scientifique de l’Environmental Protection Agency et responsable de recherche à la Colorado State University : il est très coûteux de débarrasser les sols de la dioxine , mais ce qui importe le plus c’est d’empêcher que les êtres humains n’y soient exposes. (New York Times – Octobre 2007 -)

Publié par : Jacqueline Main | 18 octobre 2007

L’Inde enfin au secours de ses vautours

Les vautours, il faut bien le reconnaître ne bénéficient pas d’une image très positive dans l’opinion publique, contrairement à certains oiseaux tels que condor ou aigle qui depuis longtemps sont des espèces protégées. Mais en Inde, les vautours jouent un rôle primordial dans la santé et l’écologie du pays et pourtant il aura fallu attendre presque 20 ans pour que des mesures  commencent à être prises afin d’enrayer ce qui est probablement la plus grande   disparition aviaire de tous les temps.
Dans les années 90, la population des vautours  était estimée  entre 20 et 40 millions,répartie en trois espèces. Au jour d’aujourd’hui, elle tourne autour de 10,000 et il en disparaît à peu près 50% par an. Une des trois espèces,( le vautour élancé )en compte à peine 400.     Que s’est-il donc passé ?
En fait les oiseaux sont victimes d’un médicament : le diclofenac, substance anti inflammatoire non stéroïde, prescrit dans certaines affections humaines mais étendue au bétail dans les années 80. Malheureusement pour les vautours, elle s’attaque à leur  système renal ; en se nourrissant de charognes, ils ingurgitent le poison et meurent à leur tout.
Devant l’ampleur du désastre, la Bombay Natural History Society  décida de protéger enfin cet oiseau  et lança  récemment  la construction d’un Centre de Protection des Vautours.
Ce Centre, qui se compose de trois immenses volières,en béton et treillage métallique , pourra accueillir 75 couples de vautours de chacune des espèces en voie de disparition qui pourront ainsi se reproduire dans des conditions relativement protégées Eventuellement , plus tard,    dans un monde débarrassé du diclofenac, des oiseaux pourront être remis en liberté . Pour le moment, le centre compte 124 vautours capturés  comme oisillons il y a plus de deux ans. La fabrication de ce médicament pour le bétail a été interdite, mais il se fabrique encore illégalement et il est toujours  utilisé car il y  en a des stocks considérables que les gens ne veulent pas jeter, d’autant qu’il n’y a aucune obligation légale à le faire. Mais, heureusement pour ces volatils, un autre médicament vient d’être mis sur le marché, tout à fait sans danger pour eux , peu cher et il semblerait qu’il remplace petit à petit l’ancien.
Sauver les vautours de l’extinction totale est loin d’être seulement une cause sentimentale. Ces oiseaux jouent un rôle vital dans l’écologie et la santé du pays que le peuple indien partage avec une population de quelques deux cents millions de bétail et de buffles, que la population, hindouiste dans sa majorité  ne consomme pas.  Jusqu’à récemment, les carcasses des animaux morts étaient abandonnées  et en quelques heures les vautours se chargeaient de les nettoyer. Maintenant les paysans , par mesure d’hygiène doivent les brûler ou les déposer dans des décharges spéciales  ce qu’il ne font pas toujours.
Un autre résultat du déclin des vautours fut en parallèle, l’explosion de la population des chiens sauvages ; véritable fléau pour ce pays qui paraît-il représente 80% des cas de rage au monde. Triste record. On cite cette décharge à ciel ouvert,à Delhi ( capitale de l’Inde) qui  dans le passé nourrissait une population de quelques dix mille vautours et qui maintenant est devenu le terrain de chasse d’autant de chiens sauvages et de rats.

Il y a finalement un troisième aspect où les vautours jouaient un rôle important et de nature plus spirituelle ;   celui de nettoyeurs de corps des morts Parsi, groupe religieux très important en Inde qui adore Zoroastre. Ce sont les descendants spirituels des Perses anciens, qui se réfugièrent en Indes entre le septième et le huitième siècle  pour échapper aux persécutions musulmanes.  Dans leurs croyances, les éléments sont sacrés et le corps est corruption. Donc Ils n’enterrent ni ne brûlent leurs morts ; ceux-ci sont étendus au sommet de hautes tours nommées « dokhmas «  tours du silence , et abandonnés au vautour qui se nourrissent de leur chair.  En l’absence de ceux-ci et pour aboutir à des résultats semblables   les Parsi ont dû utiliser des réflecteurs solaires . Mails suivent de très près l’activité  du Centre dans l’espoir sans doute de pouvoir revenir à leurs coutumes si l’expérience de sauvegarde réussit. Mais même dans ce cas, il faudra paraît-il attendre au moins une quinzaine d’années pour que le pays redevienne un monde sûr pour ses vautours ?
En attendant, la Bombay Natural Society a l’intention d’établir trois autres Centres de Reproduction dans d’autres régions et il est même question d’en créer un au Pakistan et l’autre au Népal. –( The Economist – 6/10/2007)

Publié par : Jacqueline Main | 26 septembre 2007

Réchauffement climatique

Durant une semaine, où les écrans de télévision nous ont montré pêle-mêle des cérémonies solennelles, des gouvernements en difficulté, le premier débat sérieux sur une guerre qui dure depuis quatre ans, et une économie en pleine tourmente, il  était encore plus difficile que d’habitude de distinguer  les sirènes d’alarme qui résonnaient au loin – d’entendre le bruit de la glace qui fond, des espèces qui disparaissent et des villes qui étouffent lentement les gens qui y vivent. Comment couvrir une histoire qui n’a pas encore eu lieu? Et pourtant  les nouvelles sur le futur peuvent pourraient bien être  l’histoire la plus importante.

Cette semaine , donc était pourtant pleine d’avertissements : les scientifiques américains annonçaient que la calotte glaciaire de l’Artique est en train de fondre encore plus rapidement qu’ils ne le craignaient : d’ici 2040, 40% de la couverture glaciaire de l’Océan Artique pourrait avoir disparu ; une perte qui n’était pas censé arriver avant 100 ans.Comme les gaz à effet de serre persistent pendant des décennies, même des réductions sévères dans nos émissions n’empêcheraient  pas ce phénomène. . La World Conservation Union a publié sa liste rouge annuelle d’espèces menacées et prévient qu’une crise d’extinction planétaire  est en marche du fait que les villes se développent  de plus en plus et mordent dans des habitats qui naguère étaient vierges. Cette organisation qui recense et suit 40,000 espèces sur les 15 millions qui peuplent la planète prédit la disparition éventuelle de 16,000 d’entre elles . Très mauvaises nouvelles donc pour l’ours polaire ; mauvaises  aussi pour le gorille de certaines régions ( Lowland) Et très mauvaises pour les gens également. D’ici 2085, un milliard de personnes de plus contractera sans doute la dengue, à cause des changements de température et de pluviométrie. Et toujours dans cette même semaine , le Blacksmith Institute a communiqué sa liste des métropoles mondiales les plus polluantes où , et ce n’est pas une surprise, les gens meurent plus vite.

« Terre, terre, qui tourne, tourne sur ton manège jusqu’à l’extinction », a écrit la poétesse Anne Sexton. Quel niveau de drame nos lendemains doivent-ils atteindre avant que les hommes ne changent leur comportement aujourd’hui  ( Time 24/09 Nancy Gibbs).

« Articles plus récents - Messages Plus Anciens »

Catégories